En 2014, des femmes meurent encore sous les coups de leur (ex)compagnon !

Le ministère des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports et le ministère de l’intérieur viennent de rendre publics les chiffres des violences conjugales pour l’année 2013 : 121 femmes sont décédées sous les coups de leur (ex)compagnon, soit 27 de moins que pour l’année 2012. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2011, c’est 122 femmes qui avaient péri, victimes de violences machistes au sein du couple. Peut-on ainsi réellement parler de baisse des féminicides au sein du couple ? Si le signalement des situations de violences au numéro 3919 a augmenté (traduction d’une certaine prise de conscience), si le dispositif de téléphones portables d’urgence déployé dans 10 départements a permis de sauver des femmes, la situation reste dramatique. En effet, il ne faut pas occulter le fait que ces violences restent massives en France.

Près de 200 000 femmes en sont victimes, dans le plus grand silence, et 1 sur 10 parvient à porter plainte. La responsabilité est le plus souvent imputée à la victime, accusée d’ »accepter » la violence, plutôt qu’à l’agresseur, à qui toutes sortes d’excuses sont trouvées pour justifier son comportement. Dans les médias, les violences conjugales sont encore trop souvent traitées sous l’angle « fait divers ». Des crimes perpétrés dans la sphère familiale, le plus souvent à l’encontre des femmes, sont dépeints comme étant le résultat de scènes de jalousie, d’ « amour passionnel » qui conduisent à « l’irréparable ». La réponse pénale est encore bien souvent peu proportionnelle à la gravité des faits, des coupables de féminicide se voient encore confier la garde de leurs enfants immédiatement après le crime. De plus, ces chiffres ne prennent pas en compte les femmes qui, sans être directement tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, sont poussées au suicide, ou subissent les conséquences extrêmement graves sur leur santé de violences physiques, psychologiques ou sexuelles trop souvent restées impunies.

La lutte contre les violences conjugales ne peut se résumer à des mesures expérimentales et des grandes phrases d’intention. Des femmes meurent, quand allons-nous agir ?

Osez le féminisme ! appelle donc le gouvernement et les pouvoirs publics à prévenir, identifier et lutter contre les féminicides, ainsi qu’à intensifier les mesures prises pour lutter contre les violences conjugales, en reconnaissant les spécificités de telles violences :
– Extension de l’ordonnance de protection à toutes les formes de violences machistes
– Places d’hébergement d’urgence et pérennes pour les femmes victimes de violences
– Exclusion des coupables de violences du domicile conjugal
– La formation des professionnels à la prise en compte des situations de violences
– La prévention des violences sexistes et l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge

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