Egalité à l’école : la fuite en arrière TOUTE !

Le ministre de l’Education nationale Benoît Hamon a annoncé ce matin sur France Inter l’arrêt de l’expérimentation du dispositif des ABCD de l’égalité – dont le bilan est pourtant jugé « positif » – à la faveur d’un « plan d’actions pour l’égalité filles-garçons à l’école ».

Nous nous réjouissons de voir que la mobilisation de plusieurs associations et syndicats ces derniers jours oblige le gouvernement à afficher une prise au sérieux de l’enjeu de l’égalité dès le plus jeune âge. Néanmoins, alors qu’il parle à nouveau de « généraliser », le gouvernement propose en fait un plan moins ambitieux, qui n’est que le recyclage de quelques bonnes intentions et de mesures existantes pourtant déjà jugées insuffisantes.

Pas de contraintes, pas d’objectifs précis, pas d’échéances : les formations et outils pédagogiques sont à destination des personnels de l’éducation, et non des élèves, et de nouveau réservé-e-s aux volontaires. En formation initiale des enseignants, le « module » proposé par l’Éducation nationale sera à la disposition des ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation), entités autonomes, qui ont déjà, depuis la rentrée 2013, l’obligation de former à l’égalité les futur-e-s enseignant-e-s. En formation continue, l’inscription aux stages reposera sur le volontariat. Des outils ? Une mallette dont nous ne connaissons pas le contenu, et dont seul-e-s les enseignant-e-s volontaires se saisiront.
Enterrés, les ABCD de l’égalité, un programme qui comprenait une formation à l’égalité des enseignant-e-s et la mise à disposition d’outils pour animer des séquences en classe, concernant la lutte contre les stéréotypes de sexe, la lutte contre les comportements et violences sexistes, et la mixité dans les filières.

Enterré surtout le courage politique. Pourtant c’est parce qu’ils étaient portés politiquement et valorisés pédagogiquement que les ABCD étaient efficaces ! Après l’abandon de la PMA, on ne peut que constater que le gouvernement continue à chercher « l’apaisement » face aux franges réactionnaires de notre pays. Le Ministre déclare ainsi qu’il ne veut « nier aucune différence », que filles et les garçons seraient « différents mais égaux en droit ». En sommes-nous vraiment encore là ? Il n’y a pas cerveau masculin et de cerveau féminin. Il n’y a pas de qualités, défauts, compétences propres à un sexe. Énoncer que les garçons et les filles seraient « différents » sape tout le travail pour l’égalité et rend acceptables tous les autres stéréotypes de sexe contre lesquels nous luttons ! Le Ministre de l’Éducation lui-même aurait-il besoin d’une formation sur ces sujets ?

Reculer, ne serait-ce que symboliquement, c’est prouver que la désinformation, la manipulation dont les groupuscules réactionnaires ont fait preuve peuvent faire plier les valeurs fondamentales qui sont censées guider les dirigeant-e-s de notre pays.

Nous nous battons pour que la société de demain soit une société dans laquelle il n’y aura pas 27% d’écart de salaire entre les femmes et les hommes, ou 75 000 viols par an : une société de l’égalité. C’est l’éducation nationale qui a pour objet de former les citoyen-ne-s de l’avenir. L’école enseigne des connaissances certes mais également les valeurs que nous voulons voir vivre dans notre République. L’égalité fille-garçon doit en faire partie intégrante et se saurait être une option.

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