L’Europe bouge, après l’Espagne, la Suède nous fait rêver … le petit parti qui monte qui monte …

Le petit parti féministe suédois aux portes du Parlement.

L’Initiative féministe, le parti qui lutte contre les inégalités entre hommes et femmes, a fait une percée inattendue lors des élections législatives de dimanche.

Les discriminations envers les femmes peuvent prendre des formes différentes selon les pays mais « c’est la même norme, la même structure, le même modèle qui se répètent aussi bien dans l’Afghanistan des talibans qu’ici en Suède ». Cette phrase provocante, lancée en 2002, est signée Gudrun Schyman, la porte-parole grande gueule de Feministiskt Initiativ (Initiative féministe, FI). Ce parti politique féministe suédois lutte contre les inégalités, sexuelles et sociales.

Créée en 2005, dans un pays où la majorité de la population n’a pas peur de se revendiquer féministe, la FI est en pleine ascension. Le parti a frôlé pour la première fois, dimanche, l’entrée au Parlement en récoltant 3,7 % des suffrages, à quelques bulletins près des 4% nécessaires. S’il manque de peu cette arrivée, la progression est importante par rapport aux dernières législatives en 2010 où il n’avait récolté que 0,4 % des voix. À l’époque, le scandale créé pendant la campagne par Gudrun Schyman avait choqué l’électorat. La cocréatrice du mouvement avait ainsi brûlé plusieurs milliers de couronnes (un peu plus de 10 000 euros) pour illustrer les différences de salaire hommes-femmes. Mais les scores obtenus aux européennes de mai – 5,3 % des voix –et aux législatives attestent de son regain d’attraction.

Ce sont probablement moins les revendications féministes qui ont attiré les électeurs cette fois, que l’ancrage très à gauche du parti, au sein d’élections qui ont vu une forte poussée de l’extrême droite. Mais le projet de transformer la revendication féministe en parti politique à part entière semble faire des émules au-delà des frontières suédoises. Dans une tribune du Guardian, la journaliste Ellie Mae O’Hagan a exhorté les britanniques à suivre le modèle suédois. « La société ne progresse pas toute seule, écrit-elle. L’égalité des droits est obtenue lorsque ceux qui sont reniés s’organisent et prennent le pouvoir. » Alors qu’« une réforme constitutionnelle de 300 ans pourrait venir cette semaine (…), c’est le moment pour les femmes britanniques de former un parti qui représente leurs intérêts », poursuit celle qui pense que chaque pays aurait besoin d’un parti comme la FI. Car s’il n’a pas gagné les législatives, il a eu le mérite de porter la cause sur le devant de la scène politique. Depuis le score de la FI aux européennes, la droite libérale suédoise a d’ailleurs récupéré le combat de l’égalité des sexes en prônant « un féminisme sans socialisme ».

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