Prochain atelier débat ce jeudi 21 mai sur la double oppression racisme / sexisme

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Jeudi 21 mai se tiendra notre atelier mensuel au Centre Berthelot et portera sur la double oppression des femmes victimes du sexisme et du racisme: comment décrypter et lutter contre l’oppression à laquelle font face les femmes racisées ?.

Cet atelier sera animé par Safia Akoudad membre du bureau national du CRI.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux.
N’hésitez pas à en parler autour de vou.e.s.

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Le 1er mai, les femmes réclament l’égalité, pas du muguet !

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Communiqué de presse du 1er mai 2015

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Parce que le 1er mai est aussi la journée internationale solidarité avec les travailleuSES, Osez le féminisme ! participera vendredi aux manifestations organisées dans toute la France.

Les politiques d’austérité nuisent gravement aux femmes

Les femmes sont précaires parmi les précaires: elles représentent 70 % des “travailleurs pauvres”, 62 % des personnes en emploi non qualifié et 90 % des familles monoparentales, particulièrement exposées à la pauvreté.

Or, les femmes sont en première ligne des restrictions budgétaires qui impactent les services publics : elles en sont les premières usagères et elles sont plus nombreuses à y travailler. Comme en atteste un rapport d’ONU Femmes paru le 27 avril, “les politiques d’austérité font de nouveau peser le fardeau des soins sur les familles, ce qui veut dire que c’est aux femmes et aux filles d’en assumer la charge.”

La Loi Macron est révélatrice de ce type de politique: par la libéralisation du travail du dimanche et la baisse des compensations pour le travail de nuit, elle ne fait qu’augmenter les violences économiques subies par les femmes. Car qui travaille dans les magasins et dans les supermarchés, où sera encouragé le shopping du dimanche ? …les femmes, à plus de 70 %. Qui travaillent en horaires décalés ?…les femmes les plus précaires, là encore.

20 ans que les inégalités se perpétuent: il est temps d’agir !

Aujourd’hui encore, si les femmes réussissent mieux à l’école et l’université, elles gagnent en moyenne 27 % de moins que leurs collègues masculins.

Une part de cette inégalité s’explique par une discrimination directe. Mais une grande part incombe au “plancher collant” (les emplois à temps partiels, occupés à 83% par des femmes, la sous-valorisation des métiers dits “féminisés”) et au plafond de verre (qui empêche les femmes de monter dans la hiérarchie).

Ces inégalités tout au long la vie se répercutent sans surprise à la retraite : 2 retraité-e-s pauvres sur 3 sont des femmes et 1 femme sur 3 perçoit une pension inférieure à 700 € (contre 1 homme sur 6), les situant en-dessous du seuil de pauvreté.

Pourtant, des solutions concrètes existent ! Rappelons que par un décret de 2012, les entreprises de plus de 50 salarié-e-s doivent produire un accord collectif ou, à défaut, un plan d’action fixant des objectifs de progression en matière d’égalité, notamment salariale. Sans quoi, elles ne peuvent candidater à un marché public.

Les plus réticentes peuvent être mises en demeure et, si elles ne prennent pas de mesures concrètes, être sanctionnées à hauteur de 1% de la masse salariale. Au 1er mars 2015, Marisol Touraine a annoncé que 1 500 entreprises ont fait l’objet d’une mise en demeure et 48 ont été sanctionnées pour non-respect de leurs obligations. Mais jusqu’à présent, il est impossible de savoir lesquelles !

Pour une transparence en matière d’égalité professionnelle, Osez le féminisme! s’associe juridiquement au recours engagé par le Conseiller Régional d’Île-de-France Julien Bayou et demande que soit publiée la liste des entreprises mises en demeure et/ou sanctionnées pour non respect de l’égalité salariale entre les femmes et hommes.

Osez le féminisme! défilera partout en France le 1er mai, aux côtés des syndicats, pour une réaffirmation des droits sociaux et une application des textes en matière d’égalité professionnelle.

lsalire

Paris : Rdv 15H00 République (angle de la rue du Faubourg du Temple)
Lille : Rdv 10H angle Place Barthélémy Dorez/Rue des postes
Grenoble : Rdv 10H00 Place de Verdun
Tours : Rdv 10H00 Place de la Liberté
Lyon : Rdv 10H30 Place Jean Jaurès
Toulouse : Rdv 10H00 Place du Capitole

stopviolences éco

Prochain atelier-débat non-mixte le 30 avril : Reconnaître et répondre aux masculinistes

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Notre prochain atelier débat aura lieu le jeudi 30 avril à 19h, comme toujours au Centre Berthelot (Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, 14 Avenue Berthelot 69007 Lyon Berthelot), sur le thème du masculinisme. 

Ce prochain atelier d’Osez le féminisme 69, sera non-mixte. Qu’est ce que cela signifie ? Pourquoi ce choix ? Est-ce de la ségrégation ?
Éléments de réponses et de compréhension.
Depuis des milliers d’années, les femmes, entre autres, subissent des mécanismes de domination les excluant de certaines sphères (politiques, économiques etc…), et les cantonnant à d’autres (famille, foyer…). Afin, de développer, un modèle de société qui permette aux femmes d’exprimer leur potentiel, il est nécessaire par moment que celles-ci bénéficient d’espaces au sein desquels elles puissent librement s’exprimer. Toutes les oppressions ont leurs spécificités, dès lors échanger entre personnes qui vivent des situations similaires permet de nommer les choses, de les révéler et par conséquent d’aider à la libération.
Ainsi, au regard des problématiques que posent certaines thématiques (comme la Sexualité, la reconstruction après des violences, le harcèlement etc…) Osez le féminisme 69, a décidé d’offrir aux femmes des temps d’échange non-mixtes. Dorénavant, certains ateliers et Kféministes seront dédiés essentiellement aux femmes.
Pas une décision contre, mais une décision pour ...
A noter, que cette décision n’est pas prise pour aller à l’encontre des hommes (qui ne sont pas le centre du monde) mais en faveur des femmes. Il s’agit tout simplement de déplacer le point de vue pour comprendre la logique !  
Osez le féminisme reste une association mixte, seuls certains temps spécifiques sur des thèmes spécifiquement sensibles deviennent non-mixtes. Il ne s’agit pas de remettre pas en cause l’engagement féministe d’hommes mais de garantir aux femmes, aux victimes du patriarcat, des temps où la parole peut se libérer moins difficilement. Cette décision est la résultante de plusieurs échecs de communication en mixité. Elle nous apparaît nécessaire pour garantir un espace de discussion et d’échange qui ne soit ni monopolisé, ni envahi de violence symbolique.
Si vous ne comprenez pas notre choix, nous vous encourageons à organiser vous-mêmes d’autres événements féministes mixtes sur les mêmes thèmes.

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Solidarité avec les étudiantes Suisses dénonçant l’entre-soi masculin de la troupe de Théâtre Zofingue

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COMMUNIQUÉ du GGRA- GROUPE GENRE RÉFLEXION ACTION

Samedi 18 Avril 2015 se tenait au BCV Concert Hall à Lausanne la représentation annuelle du spectacle monté par Zofingue Vaud. À cette occasion, le collectif GGRA (groupe genre, réflexion et action) fit irruption sur scène au milieu des uniformes zofingiens dans le but de dénoncer la discrimination envers les femmes dont fait preuve le célèbre club estudiantin.

L’an dernier, l’association avait à nouveau fait parler d’elle lorsque le Tribunal Fédéral rejeta le recours de l’Université de Lausanne qui refusait de reconnaitre l’association en son sein car ses statuts sont incompatibles avec la Charte de l’Université et la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Et le Tribunal fédéral d’abonder dans le sens de l’instance cantonale, autorisant l’association à continuer de refuser les femmes dans l’association. En d’autres termes, la jurisprudence suisse valide désormais légalement l’obstination de Zofingue à revendiquer le sexisme comme valeur fondamentale.

Le collectif GGRA s’est formé afin de questionner, critiquer et combattre une société où les oppressions sont omniprésentes envers les femmes, les racisé.e.s et tout.e.s les autres exclu.e.s. Ces violences systématiques s’opérant le plus souvent sous couvert de banalité, l’action menée samedi eu au moins le mérite de les révéler au grand jour.

Zofingue, en plus d’inscrire noir sur blanc le droit à discriminer, s’imagine pouvoir réduire physiquement au silence les femmes. En effet, non seulement le message du GGRA n’a pas été entendu, mais la réaction à cette intervention a montré les vrais visages des membres de cette si sélect organisation.

Dès les premières phrases, le texte déclamé fut arraché des mains de l’oratrice, les militantes furent saisies, bousculées, poussées et projetées en bas de la scène sous les applaudissement d’une salle complice scandant des encouragement aux hommes sur scènes, devenus soldats.

Au même moment, et sous le regard impassible du premier rang, la camerawoman se vit acculée dans la pénombre des escaliers puis rouée de coups. C’est, en effet, loin des projecteurs que les violences atteignirent leur paroxysme : clé de bras, projections au sol et tentatives de strangulation. Durant les quelques minutes que dura l’intervention, des insultes telles que « par ici les putes ! », «retournez à la vaisselle ! » pleuvaient.

Tous ces actes individuels révèlent le sentiment d’impunité que ressentent ces hommes à faire valoir leurs privilèges de dominants, par la force s’il le faut. Sentiment confirmé par le twitt posté peu après la fin du spectacle (qui a pu avoir lieu) qualifiant l’altercation de « sympathique ». Le décalage ne pourrait être plus grand… L’absence d’arguments explique probablement de tels comportements qui ne peuvent se tenir que quand la société entière les tolère. Cependant, ils sont scandaleux et il est urgent de s’éveiller collectivement, refuser toutes les discriminations et accuser les personnes qui s’en rendent coupables.

Si ces hommes se sont sentis légitimes à museler comme ils l’ont fait les femmes qui ont osé prendre la parole devant eux et interrompre leur si parfaite routine de petits rois, leur réaction proprement hallucinante ne fait que légitimer l’action entreprise par le GGRA.

La lutte féministe est toujours actuelle et nécessaire !

Le GGRA

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Bravo à elles !

 ICI le texte écrit à l’occasion de l’interruption de la pièce

Harcèlement sexiste dans les transports : des réponses concrètes maintenant

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Communiqué de presse du 16 avril 2015

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Osez le féminisme! salue la publication ce matin par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes de l’Avis relatif au harcèlement sexiste dans les transports en commun. Suite à la mobilisation des associations féministes sur cette question, il s’agit du premier rapport institutionnel qui reconnait l’ampleur du phénomène, pour le prévenir et mieux le combattre, en posant un cadre, une définition et détaillant 15 recommandations très concrètes.

Il est grand temps d’arrêter de détourner le regard face au harcèlement sexiste et violences sexuelles ! A Paris et dans toute la France, les regards, sifflements, injures et attouchements font partie du quotidien des femmes, et tout particulièrement dans les transports en commun.

Ce ne sont pas des actes anodins, encore moins de la “drague”. Ce sont des faits de violences répétés qui ont des effets concrets sur le comportement des femmes : adapter ses tenues vestimentaires, ne pas prendre le métro seule au-delà d’une certaine heure, simuler un appel téléphonique ou changer de rame pour échapper au harceleur, baisser le regard, etc.

Auditionnée par le HCEfh, Osez le féminisme! a pu faire valoir ses propositions et témoigner de la Campagne “Take Back The Metro” menée depuis plus de 8 mois. Il s’agit de se rendre, entre femmes, à la rencontre des usager-e-s du métro pour échanger sur ce phénomène, dégager des pistes d’action et se réapproprier à grand bruit et dans un moment festif un lieu dont elles sont exclues par le harcèlement sexiste.

Ce jeudi 16 avril, dans le cadre de la semaine internationale contre le harcèlement de rue, les femmes se retrouvent pour une nouvelle “Teuf de meufs à la station Pyramides de la ligne 14. Il s’agit également d’apporter notre soutien aux 5 féministes chinoises libérées le 14 avril, mais sous liberté conditionnelle, pour avoir mené des actions similaires.

Nous demandons aux Pouvoirs Publics, et plus particulièrement à Madame Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat aux Droits des Femmes de porter avec la plus ferme volonté les recommandations du Haut Conseil à l’Egalité afin qu’elles soient effectivement mises en pratique par les transporteurs de toute la France.

Partout en France, Osez le féminisme! défendra avec conviction cette question auprès des candidat.e.s aux élections régionales de décembre prochain. En effet, il revient également aux Conseils Régionaux de s’engager afin que les transports communs publics (TER et RER) qui sont de leur compétence, soient des lieux librement accessibles, en toute sécurité, aux femmes et qu’ils cessent d’être des espaces ou règne la peur du harcèlement sexiste et des violences sexuelles !

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*photos tirées des affiches créées par Tatyana Fazlalizadeh, une artiste basée à Brooklyn.

Retrouvez le rapport complet du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes ICI.

Quand la Métropole rime avec monopole !

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Communiqué de presse du 7 avril 2015

Depuis le 1er janvier dernier, les habitant.e.s du Grand Lyon ne sont plus rhodanien.nes. En effet, elles et ils ont rejoint une nouvelle collectivité : la Métropole de Lyon. Ce projet, « bébé» de Gérard Collomb, a pour ambition de “réconcilier l’humain et l’urbain”. Cette mission – ô combien ambitieuse dans un contexte dévastateur de politique d’austérité revendiquée par ce dernier – , a été confiée à 24 vice-président.e.s et 22 conseiller.e.s délégué.e.s réparti.e.s en sept pôles. Mais parmi ces 46 membres, seulement 15 femmes !

La Métropole de Lyon serait-elle exempte du respect de la parité ?

Les sénateurs.trices ont bel et bien supprimé l’obligation d’un exécutif paritaire. Selon la députée Dominique Nachury, le sénateur-maire-président de la métropole Gérard Collomb a invoqué comme argument « la parité rendrait l’accès à une vice-présidence moins aisée pour les nombreux hommes maires de leur commune et conseillers communautaires, qui se verraient ainsi lésés ! »
Si, face à cette situation, les député.es ont toujours réinscrit dans le texte la parité, leurs efforts auront été vains puisque la parité ne sera obligatoire qu’en 2020 pour la métropole !

En outre, sans surprise, les femmes ont été massivement désignées dans le pôle «Développements solidaires et actions sociales ». Devons-nous comprendre, qu’à la Métropole de Lyon, les membres de l’exécutif pensent que les femmes auraient un penchant « naturel » pour les questions de la famille, du soin et de l’éducation et qu’elles n’auraient pas les compétences pour d’autres délégations ?

Par ailleurs, alors que Gérard Collomb s’est battu au Sénat pour que la métropole obtienne, au détriment de la Région, la compétence en matière économique, pourquoi la compétence du Grand Lyon en matière d’égalité femmes-hommes n’a pas été récupérée ? L’économique prévaudrait-il sur le social ?

Un exécutif finalement à l’image des déclarations de Gérard Collomb sur la place des femmes en politique.

Liste des signataires de ce communiqué de presse :

Associations

CRL CAFF Rhône Alpes
Femmes ici et ailleurs
Femmes solidaires
H/F Rhône Alpes
La Barbe 69
Planning Familial 69
Osez le féminisme 69

Partis Politiques

EELV 69
ENSEMBLE 69
GRAM
PCF 69
PG 69

Pour le Sénat, le client est roi !

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Communiqué de presse du mardi 31 mars 2015

Dans la nuit du 30 au 31 mars, le Sénat a voté la Proposition de loi portant sur l’abolition du système prostitutionnel. Il a supprimé l’amendement concernant la pénalisation des clients et réintroduit celle interdisant le racolage passif, qui sanctionne les personnes prostituées. Osez le Féminisme s’insurge de voir que le machisme continue à régner dans la chambre haute du pays et invite les député-e-s à aller de l’avant sans tarder.

Alors que toutes et tous se sont accordé-e-s sur la violence intrinsèque de la prostitution, sur le fait qu’elle favorise la prolifération des réseaux mafieux et qu’elle n’est rien d’autre que de la traite humaine, le Sénat a préféré voter pour un texte qui ne change rien à ce qui existe déjà : faire du racolage un délit et protéger les clients prostitueurs. Sanctionner les victimes et protéger les responsables, quel message le Sénat envoie-t-il aux femmes qui chaque jour subissent ces violences ?

Ces débats ont été l’occasion de faire tomber les masques : ceux qui protègent les clients n’ont que faire des personnes prostituées. On a pu voir de longs discours pour justifier la non-pénalisation des clients, les sénateurs la main sur le cœur disant vouloir ainsi protéger les personnes prostituées. Les mêmes, l’instant d’après, votaient sans sourciller pour la pénalisation des personnes prostituées qu’ils prétendaient pourtant défendre quelques secondes plus tôt. Hier soir, la phrase de Françoise Héritier résonnait fortement : « Dire que les femmes ont le droit de se vendre c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter ».
Ces débats ont également été l’occasion de voir à l’œuvre la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard défendre avec conviction la proposition de loi. La détermination des sénatrices Laurence Cohen (CRC) à Chantal Jouanno (UDI), Michelle Meunier, Claudine Lepage, Maryvonne Blondin (PS), Brigitte Gonthier-Maurin (CRC) et plusieurs de leurs collègues (CRC et PS) s’est heurtée au machisme d’un Sénat majoritairement réactionnaire et masculin.

Nous souhaitons maintenant que l’Assemblée Nationale s’empare rapidement de ce débat, et redonne à cette proposition de projet de loi en faveur de l’abolition tout son sens : à savoir le progrès pour l’égalité femmes-hommes, la protection des victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle et la mise en place d’un réel plan d’accompagnement des personnes victimes pour offrir des alternatives à la prostitution. La France doit rejoindre la Suède, la Finlande ou la Norvège dans la liste des pays les plus progressistes en matière d’égalité femmes-hommes. Les dizaines de milliers de victimes de la prostitution ne peuvent plus attendre.

Abolition en discussion au Sénat: Pour un texte de reconnaissance des violences faites aux femmes victimes de la prostitution

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[Communiqué de presse Abolition2012] Aujourd’hui et demain, le Sénat examine la proposition de loi relative à la lutte contre le système prostitutionnel. Les 60 associations du collectif Abolition 2012 souhaitent rappeler à l’ensemble des sénatrices et sénateurs les enjeux de ce projet de loi pour les droits des femmes.

Au lendemain de la réintroduction du délit de racolage passif par la Commission spéciale du Sénat, le collectif Abolition 2012 demande que la violence que constitue la prostitution pour les personnes prostituées soit enfin reconnue par les législatrices et les législateurs.

Le collectif Abolition 2012 et chacun de ses membres luttent depuis des années pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Engagé-e-s sur le terrain contre les violences faites aux femmes, nous voulons l’abolition du système prostitueur et réclamons :

1. La suppression / l’abrogation du délit de racolage passif. Cette condamnation est une double peine pour les personnes prostituées, car aux violences quotidiennes produites par le système de traite, les proxénètes et les clients prostitueurs, s’ajoute une condamnation de l’État
2. L’introduction de la pénalisation des clients prostitueurs. Pour lutter contre la prostitution et la marchandisation du corps des femmes, il est temps que la société responsabilise les clients prostitueurs qui imposent par l’argent des rapports sexuels non désirés.
3. Le déploiement de réels moyens pour permettre de réelles alternatives aux personnes prostituées avec un parcours complet et individualisé de sortie du système prostitueur et l’obtention de titres de séjours non conditionnés pour les personnes prostituées en situation irrégulière.

Annexe

Pourquoi défendre la pénalisation des clients et l’accompagnement des personnes prostituées ?

1. La prostitution tue physiquement. Pour les chercheurs Hunter et Reed, les personnes prostituées sont « le groupe de femmes le plus violé de l’histoire de notre planète ». Aux Etats-Unis, l’espérance de vie d’une prostituée est estimée entre 42 et 30 ans. Le taux de mortalité des personnes en situation de prostitution est six fois plus élevé que celui du reste de la population.

2. La prostitution tue psychologiquement. De nombreux médecins comparent les violences psychiques dont sont victimes les prostituées à des traumatismes de guerre. Les personnes prostituées ont besoin souvent besoin de soin mais y accèdent difficilement (les troubles psychotraumatiques liés aux violences sexuelles et physiques ont un impact important sur la santé mentale et physique qui nécessite des soins spécifiques qui doivent leur être accessibles). Il leur faut des lieux pour être accueillies, écoutées, au besoin soignées, sans jugement.

3. La prostitution tue socialement. Les personnes prostituées ont des besoins urgents d’accompagnement dans le parcours de sortie de prostitution. Pour les personnes étrangères, victimes des réseaux de traite, cela commence par la régularisation. La proposition de loi de lutte contre le système prostitutionnel répond à des besoins essentiels, en développant des passerelles pour sortir de la prostitution et en coordonnant l’action des différents interlocuteurs.

4. La prostitution encourage la traite et l’esclavage. Devenus de respectables acteurs économiques dans certains pays, les proxénètes et « clients » prostitueurs fournissent et consomment des femmes en toute impunité.

5. La prostitution cumule les dominations : raciste, de classe et masculine. La quasi-totalité des « clients » de la prostitution sont des hommes (99%) ! Le droit des hommes à disposer du corps des femmes persiste dans le système prostitueur au nom d’un argument devenu caduque partout ailleurs : les besoins sexuels irrépressibles masculins.

6. La prostitution n’est pas un travail. En période de crise, des personnes de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes sont vulnérables face aux exploiteurs sexuels. L’exploitation sexuelle ne peut être comparée à une activité professionnelle émancipatrice.

7. La prostitution n’est pas une libération sexuelle. La prostitution est la liberté pour les hommes d’acheter des femmes. Pour les personnes prostituées, on ne peut parler de liberté dans le sens ou la liberté sexuelle commence en dehors de toute nécessité et de toute forme de contrainte. Par ailleurs, la prostitution est un phénomène social, qui affecte les rapports femmes/hommes et la société dans son ensemble et demande donc une réponse politique.

8. La prostitution est contraire à la dignité humaine. Dire que tout s’achète et tout se vend revient à accepter que certains organisent ce commerce. Or, peut-on acheter et vendre l’accès au corps et au sexe d’autrui ? Pour nous, la réponse est non : ce serait légitimer un rapport de force, en l’occurrence marchand et machiste, dans la sexualité.

9. La prostitution est un obstacle à l’égalité femmes/hommes. Dans une société qui se targue de faire avancer l’égalité, la prostitution constitue un territoire d’exception, « épargné » par les exigences égalitaires des femmes. Les hommes y retrouvent le « temps d’avant » où ils disposent et du pouvoir sexuel et du pouvoir financier. En maintenant ce bastion inégalitaire, le système prostitueur nuit aux femmes, à toutes les femmes. Ce qu’achète le client prostitueur, c’est le droit d’échapper aux règles et aux responsabilités qui fondent la vie en société. Dans la prostitution, il trouve le dernier espace qui le protège du devoir de répondre de ses actes : un territoire d’exception où les violences et humiliations qu’il exerce sont frappées de nullité, au prétexte qu’il a payé. Et qu’il se montre « poli » ou non, il impose un acte sexuel au mépris du désir d’autrui. Ces hommes font « leur marché » dans un vivier de femmes touchées par la précarité, les violences, les proxénètes et les réseaux. Pourquoi sanctionner la demande ? Parce que les « clients » imposent un acte sexuel, ce qui serait, en toute autre occasion, sanctionné pour ce qu’il est: un viol.

Prochain Kféministe : c’est ce jeudi 26 mars, 19H30, à la Belle Equipe !

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Notre première édition 2015 du Kféministe arrive enfin : ce sera ce jeudi 26 mars à 19H30, et attention, nous avons changer de bar partenaire : rendez-vous à la Belle Equipe, au 32 Rue des Tables Claudiennes, dans Lyon 1er (Métro C arrêt Croix-Paquet).

Venez débattre avec nous en toute convivialité et bienveillance de l’actualité féministe et partager vos coups de gueule, vos coups de cœur. Parce que nous ne sommes pas des individu-e-s isolé-e-s, retrouvons-nous pour partager nos expériences, nos rencontres, nos lectures, nos idées, nos ressentis !

Ouvert à toutes et tous !

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Suppression du délai de réflexion pour avorter : Enfin ! Mais à quand la suppression de la double clause de conscience ?

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Communiqué de presse du jeudi 19 mars 2015

Les député-e-s membres de la commission des affaires sociales ont voté cette nuit, dans le cadre de l’examen de la loi santé, la suppression du délai de réflexion imposé jusqu’alors aux femmes désirant avorter. Osez le féminisme ! salue ce vote.

Dans la continuité de la suppression de la clause de détresse en août 2014, la suppression du délai de réflexion marque un pas de plus vers une plus grande acceptation sociale de l’avortement. Osez le féminisme ! milite depuis plusieurs années pour que les femmes qui avortent ne soient plus stigmatisées et que leur volonté soit respectée : les femmes qui décident d’avorter savent ce qu’elles font.

Toutefois, nous regrettons que l’amendement relatif à la suppression de la clause de conscience ait été retiré. Osez le féminisme ! rappelle que l’avortement est l’un des rares actes médicaux qui fasse l’objet d’une double clause de conscience. En effet, la loi Veil précise qu’ « aucun médecin n’est jamais tenu de pratiquer l’acte ». Or les professionnel-le-s de santé disposent déjà d’un droit de conscience, pour tout autre acte médical. Pourquoi créer ainsi une double clause de conscience pour l’IVG, si ce n’est pour stigmatiser cet acte ?

Avorter n’est pas exceptionnel : 40% des Françaises ont avorté ou avorteront au moins une fois au cours de leur vie. Pourtant, de nombreux obstacles continuent d’entraver les parcours des femmes qui désirent avorter (manque croissant de places, fermeture de centres IVG, non-respect de leur choix quant à la méthode, paroles et comportements jugeants, etc.). C’est pourquoi il nous semble également crucial de mettre en place de réelles formations des professionnel-le-s sur la question. Osez le féminisme ! compte donc sur les député-e-s pour voter tout texte visant à améliorer l’offre médicale (pratique des IVG médicamenteuses et chirurgicales par les sages-femmes, pratique de l’avortement chirurgical hors établissement de santé, etc.) et attend une mise en œuvre rapide et effective du Programme national d’actions pour l’avortement en France, lancé par Marisol Touraine en janvier dernier.

Osez le Féminisme ! regrette vivement que le gouvernement n’ait pas profité de cette loi pour revenir sur la tarification des actes en hôpital public, issu de la loi de santé publique de 2004. En orientant les hôpitaux publics vers une stratégie purement financière et en faisant de l’IVG un acte sous-côté et donc peu rentable, elle a ouvert la voie à la fermeture de plus de 150 centres IVG sur le territoire ces 11 dernières années.

Alors qu’un rapport prometteur vient d’être adopté au Parlement européen (le rapport Tarabella, qui incite les Etats-membres à mettre en œuvre des politiques progressistes en matière de droits sexuels et reproductifs), la France peut et doit agir en la matière, pour les femmes résidant en France, mais aussi pour les femmes résidant en Europe, qui voient leur droit à disposer d’elles-mêmes bien plus bafoué encore. L’Irlande et la Pologne n’en sont que les exemples les plus prégnants. C’est pourquoi, le 17 janvier dernier, le collectif des Féministes en Mouvements, dont fait partie Osez le féminisme !, a lancé une pétition pour la reconnaissance de l’avortement comme droit fondamental en Europe.

Osez le féminisme ! appelle donc les député-e-s à porter à nouveau ce sujet dans l’hémicycle lors de l’examen du texte en séance fin mars et à voter la suppression de la double clause de conscience, pour faire de l’avortement un vrai droit fondamental en France.