Pour le Sénat, le client est roi !

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Communiqué de presse du mardi 31 mars 2015

Dans la nuit du 30 au 31 mars, le Sénat a voté la Proposition de loi portant sur l’abolition du système prostitutionnel. Il a supprimé l’amendement concernant la pénalisation des clients et réintroduit celle interdisant le racolage passif, qui sanctionne les personnes prostituées. Osez le Féminisme s’insurge de voir que le machisme continue à régner dans la chambre haute du pays et invite les député-e-s à aller de l’avant sans tarder.

Alors que toutes et tous se sont accordé-e-s sur la violence intrinsèque de la prostitution, sur le fait qu’elle favorise la prolifération des réseaux mafieux et qu’elle n’est rien d’autre que de la traite humaine, le Sénat a préféré voter pour un texte qui ne change rien à ce qui existe déjà : faire du racolage un délit et protéger les clients prostitueurs. Sanctionner les victimes et protéger les responsables, quel message le Sénat envoie-t-il aux femmes qui chaque jour subissent ces violences ?

Ces débats ont été l’occasion de faire tomber les masques : ceux qui protègent les clients n’ont que faire des personnes prostituées. On a pu voir de longs discours pour justifier la non-pénalisation des clients, les sénateurs la main sur le cœur disant vouloir ainsi protéger les personnes prostituées. Les mêmes, l’instant d’après, votaient sans sourciller pour la pénalisation des personnes prostituées qu’ils prétendaient pourtant défendre quelques secondes plus tôt. Hier soir, la phrase de Françoise Héritier résonnait fortement : « Dire que les femmes ont le droit de se vendre c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter ».
Ces débats ont également été l’occasion de voir à l’œuvre la secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard défendre avec conviction la proposition de loi. La détermination des sénatrices Laurence Cohen (CRC) à Chantal Jouanno (UDI), Michelle Meunier, Claudine Lepage, Maryvonne Blondin (PS), Brigitte Gonthier-Maurin (CRC) et plusieurs de leurs collègues (CRC et PS) s’est heurtée au machisme d’un Sénat majoritairement réactionnaire et masculin.

Nous souhaitons maintenant que l’Assemblée Nationale s’empare rapidement de ce débat, et redonne à cette proposition de projet de loi en faveur de l’abolition tout son sens : à savoir le progrès pour l’égalité femmes-hommes, la protection des victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle et la mise en place d’un réel plan d’accompagnement des personnes victimes pour offrir des alternatives à la prostitution. La France doit rejoindre la Suède, la Finlande ou la Norvège dans la liste des pays les plus progressistes en matière d’égalité femmes-hommes. Les dizaines de milliers de victimes de la prostitution ne peuvent plus attendre.

Abolition en discussion au Sénat: Pour un texte de reconnaissance des violences faites aux femmes victimes de la prostitution

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[Communiqué de presse Abolition2012] Aujourd’hui et demain, le Sénat examine la proposition de loi relative à la lutte contre le système prostitutionnel. Les 60 associations du collectif Abolition 2012 souhaitent rappeler à l’ensemble des sénatrices et sénateurs les enjeux de ce projet de loi pour les droits des femmes.

Au lendemain de la réintroduction du délit de racolage passif par la Commission spéciale du Sénat, le collectif Abolition 2012 demande que la violence que constitue la prostitution pour les personnes prostituées soit enfin reconnue par les législatrices et les législateurs.

Le collectif Abolition 2012 et chacun de ses membres luttent depuis des années pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Engagé-e-s sur le terrain contre les violences faites aux femmes, nous voulons l’abolition du système prostitueur et réclamons :

1. La suppression / l’abrogation du délit de racolage passif. Cette condamnation est une double peine pour les personnes prostituées, car aux violences quotidiennes produites par le système de traite, les proxénètes et les clients prostitueurs, s’ajoute une condamnation de l’État
2. L’introduction de la pénalisation des clients prostitueurs. Pour lutter contre la prostitution et la marchandisation du corps des femmes, il est temps que la société responsabilise les clients prostitueurs qui imposent par l’argent des rapports sexuels non désirés.
3. Le déploiement de réels moyens pour permettre de réelles alternatives aux personnes prostituées avec un parcours complet et individualisé de sortie du système prostitueur et l’obtention de titres de séjours non conditionnés pour les personnes prostituées en situation irrégulière.

Annexe

Pourquoi défendre la pénalisation des clients et l’accompagnement des personnes prostituées ?

1. La prostitution tue physiquement. Pour les chercheurs Hunter et Reed, les personnes prostituées sont « le groupe de femmes le plus violé de l’histoire de notre planète ». Aux Etats-Unis, l’espérance de vie d’une prostituée est estimée entre 42 et 30 ans. Le taux de mortalité des personnes en situation de prostitution est six fois plus élevé que celui du reste de la population.

2. La prostitution tue psychologiquement. De nombreux médecins comparent les violences psychiques dont sont victimes les prostituées à des traumatismes de guerre. Les personnes prostituées ont besoin souvent besoin de soin mais y accèdent difficilement (les troubles psychotraumatiques liés aux violences sexuelles et physiques ont un impact important sur la santé mentale et physique qui nécessite des soins spécifiques qui doivent leur être accessibles). Il leur faut des lieux pour être accueillies, écoutées, au besoin soignées, sans jugement.

3. La prostitution tue socialement. Les personnes prostituées ont des besoins urgents d’accompagnement dans le parcours de sortie de prostitution. Pour les personnes étrangères, victimes des réseaux de traite, cela commence par la régularisation. La proposition de loi de lutte contre le système prostitutionnel répond à des besoins essentiels, en développant des passerelles pour sortir de la prostitution et en coordonnant l’action des différents interlocuteurs.

4. La prostitution encourage la traite et l’esclavage. Devenus de respectables acteurs économiques dans certains pays, les proxénètes et « clients » prostitueurs fournissent et consomment des femmes en toute impunité.

5. La prostitution cumule les dominations : raciste, de classe et masculine. La quasi-totalité des « clients » de la prostitution sont des hommes (99%) ! Le droit des hommes à disposer du corps des femmes persiste dans le système prostitueur au nom d’un argument devenu caduque partout ailleurs : les besoins sexuels irrépressibles masculins.

6. La prostitution n’est pas un travail. En période de crise, des personnes de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes sont vulnérables face aux exploiteurs sexuels. L’exploitation sexuelle ne peut être comparée à une activité professionnelle émancipatrice.

7. La prostitution n’est pas une libération sexuelle. La prostitution est la liberté pour les hommes d’acheter des femmes. Pour les personnes prostituées, on ne peut parler de liberté dans le sens ou la liberté sexuelle commence en dehors de toute nécessité et de toute forme de contrainte. Par ailleurs, la prostitution est un phénomène social, qui affecte les rapports femmes/hommes et la société dans son ensemble et demande donc une réponse politique.

8. La prostitution est contraire à la dignité humaine. Dire que tout s’achète et tout se vend revient à accepter que certains organisent ce commerce. Or, peut-on acheter et vendre l’accès au corps et au sexe d’autrui ? Pour nous, la réponse est non : ce serait légitimer un rapport de force, en l’occurrence marchand et machiste, dans la sexualité.

9. La prostitution est un obstacle à l’égalité femmes/hommes. Dans une société qui se targue de faire avancer l’égalité, la prostitution constitue un territoire d’exception, « épargné » par les exigences égalitaires des femmes. Les hommes y retrouvent le « temps d’avant » où ils disposent et du pouvoir sexuel et du pouvoir financier. En maintenant ce bastion inégalitaire, le système prostitueur nuit aux femmes, à toutes les femmes. Ce qu’achète le client prostitueur, c’est le droit d’échapper aux règles et aux responsabilités qui fondent la vie en société. Dans la prostitution, il trouve le dernier espace qui le protège du devoir de répondre de ses actes : un territoire d’exception où les violences et humiliations qu’il exerce sont frappées de nullité, au prétexte qu’il a payé. Et qu’il se montre « poli » ou non, il impose un acte sexuel au mépris du désir d’autrui. Ces hommes font « leur marché » dans un vivier de femmes touchées par la précarité, les violences, les proxénètes et les réseaux. Pourquoi sanctionner la demande ? Parce que les « clients » imposent un acte sexuel, ce qui serait, en toute autre occasion, sanctionné pour ce qu’il est: un viol.

La marche pour l’abolition de la prostitution reprend !

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 Communiqué de presse du jeudi 12 février 2015

14 mois après son vote à l’Assemblée nationale en première lecture, la PPL pour l’abolition du système prostitutionnel est enfin inscrite à l’agenda du Sénat. Osez le féminisme ! exprime sa satisfaction de voir la navette parlementaire se poursuivre.

Depuis plusieurs années, les associations réunies au sein du collectif Abolition 2012 ne cessent de le répéter : tout rapport sexuel non désiré est une violence, quelles que soient les conditions dans lesquelles cela se passe. Les témoignages des anciennes prostituées au procès du Carlton de Lille l’illustrent parfaitement. Le temps des illusions sur la prostitution, comme activité entre adultes consentants, est révolu.

En 14 mois, l’opinion publique a considérablement évolué sur la question de la prostitution. Nous espérons que les sénatrices et les sénateurs sauront l’entendre les 30 et 31 mars prochain. La loi pour l’abolition du système prostitutionnel ferait rentrer la France dans la catégorie des pays les plus progressistes en matière d’égalité femmes-hommes.

Osez le féminisme ! appelle donc les sénatrices et les sénateurs à voter cette loi. Nous serons également vigilant-e-s sur la suite du travail parlementaire.

prostitution clients

14 mois après le vote de la loi à l’Assemblée, toujours rien au Sénat ! Agissons !

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14 mois après le vote de la loi à l’Assemblée, toujours rien au Sénat ! Nous vous invitons à agir pour l’‪#‎abolition‬ de la ‪#‎prostitution‬ ! 5 minutes et un clavier suffisent ! 

abolition

Le 4 décembre 2013, la loi pour l’abolition du système prostitutionnel était votée en première lecture à l’Assemblée nationale. 14 mois plus tard, cette loi dort toujours dans les tiroirs du Sénat. Le 11 février prochain, le Président du Sénat et les Présidents de groupe vont arrêter la liste des textes qui seront examinés jusqu’à fin mars. C’est maintenant que nous pouvons agir ! La prostitution est une violence, et les récentes témoignages des anciennes prostituées au procès du Carlton ne l’illustrent que trop bien. La prostitution est contraire à l’égalité entre les femmes et les hommes.

En 5 minutes, vous pouvez aussi agir pour l’abolition de la prostitution ! ICI

 

Prochain atelier débat de OLF 69 « les mutilations sexuelles faites aux femmes » avec le GAMS le 16 octobre à 19h au centre Berthelot.

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Le thème de la prochaine séance plénière d’OLF69 sera « les mutilations sexuelles faites aux femmes. Cet atelier sera animé en partenariat avec la Fédération Nationale GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles, des Mariages Forcés et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants)  qui est une association laïque et apolitique déclarée à but non lucratif relevant de la loi de 1901. Elle a été créée en 1982 par des femmes africaines résidant en France et des femmes françaises.

Cette fédération a pour objectif la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes, aux adolescentes et aux fillettes, et la promotion de la santé maternelle et infantile en direction des populations immigrées et issues des immigrations :

  • en contribuant à l’éradication des pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés et/ou précoces d’adolescentes, les tabous nutritionnels, les grossesses rapprochées, la répudiation, le lévirat/sororat, etc.
  • en rappelant les pratiques positives telles que le portage des enfants, le massage des nourrissons, etc.

Pour connaitre davantage les actions de cette fédération ; visitez leur site web ICI

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#marchepourlabolition – Rosen  » J’étais devenue ma propre proxénète  »

A Châteauroux  Rosen confie aux personnes qui l’accueillent qu’elle s’est prostituée pendant vingt-deux ans. Elle accomplit depuis septembre, une marche pour dénoncer cet enfermement sexuel.

Elle témoigne : « J‘ai perdu mon emploi en février ; en mars, je me prostituais, » s’étonne encore Rosen Hicher, ancienne péripatéticienne, qui marche depuis le début du mois de septembre. Elle marche afin de rejoindre toutes les villes dans lesquelles, elle a vendu son corps (NR du 16 septembre). »

Le 3 septembre, elle a quitté Saintes (Charente-Maritime) pour ensuite, traverser les Deux-Sèvres, la Vienne et arriver, samedi, à Châteauroux.

« Je marche afin de faire entendre mon discours et bien faire comprendre que la prostitution n’est jamais vraiment un choix, même lorsqu’il n’y a pas de souteneur derrière la prostituée. On devient, en fait, son propre proxénète et on s’enferme soi-même dans ce monde, dont la violence est toujours sous-jacente. »

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743 km à pied ! #marchepourlabolition – Encouragez Rosen !

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Bonjour tout le monde,

Je tenais à vous envoyer ce message personnel sur mon blog avant mon départ.
Comme vous le savez, je prends la route demain à pied pour Paris.

Je pars de Saintes dernière ville ou j’ai vendu mon corps, dernière ville où j’ai laissé les clients profiter de mon corps jusqu’à la première ville où je l’ai vendu.
Une phrase m’a porté pendant ces 22 ans de prostitution : « On dirait que tu as fait ça toute ta vie! »

Pourquoi parce que j’avais vécu l’impensable, des abus et des viols, parce que j’avais vécu avec un père alcoolique, parce que suite à une mauvaise rencontre, on m’avait formé pour être une bonne pute, oui, je dis pute car c’est le mot exact.
Je suis révoltée de voir qu’en 2014 cela est encore possible, je suis révoltée de l’indifférence de la société.

Je veux parler et dire ce qu’est vraiment la prostitution, la violence dans laquelle nous vivons.

Souvent je me suis surprise à penser que, si, une loi avait existé je n’y serais jamais tombé.

Oui, j’accuse, oui, je condamne . Merci à vous de me soutenir et merci de m’entendre.

Rosen Hicher

 Pour suivre Rosen tous les jours sur la route, l’accompagnez sur quelques kilomètres et par la pensée, c’est ICI

 

 

Prostitution: l’abolition au sénat, c’est maintenant !

Ce jeudi 5 juin au Sénat, la délégation aux Droits des Femmes, sous la courageuse impulsion de Brigitte Gonthier-Maurin, a adopté le rapport se prononçant en faveur de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel. Osez le féminisme ! salue ce nouveau pas vers l’abolition de la prostitution et souhaite à présent une inscription rapide de ce texte de loi, déjà adopté par l’Assemblée Nationale, à l’ordre du jour du Sénat.

La prostitution n’est pas « le plus vieux métier du monde » : elle est un des plus anciens avatars de la domination des hommes sur les femmes. Loin de l’image glamour que les machistes de tous bords s’obstinent à lui appliquer, la prostitution, quelles qu’en soient les conditions d’exercice, est une violence intolérable, où la misogynie se mêle à la marchandisation des êtres humains. Dans le pays dit « des Droits de l’Homme », les personnes prostituées sont dans leur immense majorité des femmes victimes de la traite d’êtres humains. Il est grand temps que le système prostitueur soit sérieusement attaqué.

En ce sens, l’abrogation du délit de racolage prévue par la proposition de loi est un pas décisif pour que les victimes du système prostitueur ne soient plus considérées comme des délinquant-e-s. La responsabilisation des « clients » et le renforcement de la lutte contre le proxénétisme, dispositions prévues dans cette proposition de loi, sont indispensables pour renverser la charge pénale vers les réels responsables de l’existence, de la permanence et de la prospérité de ce système.

Parallèlement, l’accompagnement des personnes qui souhaitent sortir de la prostitution demeure un facteur essentiel de la réussite d’une vraie politique abolitionniste. Nous rappelons que seuls des moyens conséquents alloués aux associations, ainsi qu’une attention particulière portée à la régularisation des prostitué-e-s sans papiers, seront à même de mettre durablement à mal le système prostitueur.

Partout dans le monde, les politiques réglementaristes ont montré leur échec. Inversement, l’abolitionnisme est reconnu par de nombreuses institutions comme la seule réponse pragmatique et efficace face aux réseaux de traite et à l’augmentation de la prostitution. Récemment le Parlement Européen, ainsi que le Conseil de l’Europe, ont voté des résolutions recommandant aux pays membres l’adoption de ce système qui a fait ses preuves dans les pays les plus féministes d’Europe : la Suède, la Norvège et l’Islande. Une proposition de loi est également en train de voir le jour au Canada, soutenue par le Prix Nobel de la Paix Jimmy Carter.

Là où la prostitution est abolie, l’égalité femmes-hommes gagne du terrain. La France ne peut pas rater ce train historique de progrès des droits humains. Osez le féminisme ! appelle donc le gouvernement et les sénatrices et sénateurs à achever l’effort entamé par l’Assemblée Nationale, et à programmer le texte à l’agenda du Sénat dès juillet. OLF ! restera mobilisée jusqu’au vote définitif de ce texte par le Parlement et demeurera vigilante sur la mise en place de l’ensemble des mesures prévues par la proposition de loi, car elles constituent un tout indissociable.