Marche solidaire pour une femme villeurbannaise décédée des suites de violences machistes ce samedi 13 décembre

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Communiqué de presse pour une marche solidaire

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Ce 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, les médias soulignaient tristement que :

– en France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-

– dans le monde, la violence est la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans

Pourtant, c’est bien dans un assourdissant silence général voire une triste banalisation de l’ordre d’un insignifiant « fait divers », que, le 18 novembre, afin d’échapper à la violence insoutenable de son conjoint, une femme villeurbannaise se donnait la mort par défenestration à son domicile.

A l’appel d’enseignantes de l’école Jean Moulin de Villeurbanne, associations et élu-e-s, nous serons toutes et tous rassemblé-e-s pour une marche solidaire, le 13 décembre à 14h 3 rue Brinon à Villeurbanne, en hommage à cette femme dont la mort n’est ni un cas isolé, ni un fait divers mais bien un crime patriarcal : un féminicide.

Les violences -psychologiques, économiques, physiques, sexuelles- perpétuées à l’encontre des femmes maintiennent un rapport de domination qui va jusqu’à la mort de centaines d’entre elles en France, mais aussi de milliers de femmes partout dans le monde.

Au quotidien, dans l’espace clos de cette sphère dite « privée », si souvent présentée à tort comme protectrice, le machisme tue.

La lutte contre les violences conjugales, pour la protection et le soin des victimes est un choix politique qui nous concerne toutes et tous. Il est urgent d’exiger l’application concrète des mesures gouvernementales prises dans le cadre du 4e plan interministériel triennal de lutte contre les violences faites aux femmes.

Ensemble, élevons nos voix et rendons hommage à cette femme et à toutes celles qui se battent pour sortir de l’emprise de ces violences. Luttons contre l’omerta qui pèse encore trop lourdement sur les victimes et, insidieusement, sur toute notre société.

Signataires :

– CIDFF (Centre d’information sur les Droits des Femmes et des Familles)

– CRLCAFF-RA (Comité Régional de Liaison des Coordinations Féministes et Féminines en

– FIL (Femmes Informations Liaisons)

– FNSF (Fédération Nationale Solidarité Femmes)

– Le Mouvement des Jeunes Communistes Français Rhône et sa structure locale de Villeurbanne

– Marie Neige Blanc, ajointe des quartiers Gratte-ciel/Dedieu/Charmettes et Saint-Jean

– Groupe des élu-e-s du Rassemblement Citoyen EELV-FdG de Villeurbanne : Olivier Glück,

– Le Parti Communiste de Villeurbanne

– René Bernard, président du CoVRA

– Abraham Bengio Directeur général adjoint à la Région

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Nous vous attendons nombreux-ses ce samedi 13 décembre à 14H, 3 rue Brinon à Villeurbanne pour rendre hommage à cette femme.

 

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Signez la pétition contre le Mémorial de Caen qui érige une agression sexuelle en symbole de paix !

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Alors qu’on estime à près de 14 000 le nombre de femmes violées par des GI’s en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’encore aujourd’hui, plus de 75 000 femmes sont violées chaque année en France, qu’une femme active sur 4 sera victime de harcèlement sexuel dans sa vie professionnelle et que le harcèlement de rue est une plaie du quotidien, nous ne pouvons accepter que le Mémorial de Caen érige une agression sexuelle en symbole de paix. Nous demandons donc le retrait de cette sculpture dans les meilleurs délais et nous nous engageons à ne pas franchir le seuil de la « Cité de la paix » tant que cette dernière en obscurcira l’esplanade.

Signez la pétition ICI

Pourquoi c’est important

Depuis le 23 septembre 2014, une sculpture de 8 mètres s’élève devant le Mémorial de Caen. Censée incarner l’euphorie de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette statue de Seward Johnson s’inspire de la photographie d’Alfred Eisenstaedt « The Kissing sailor » dont on sait qu’elle immortalise en fait une agression sexuelle.

En effet, si le débat n’est pas tranché sur l’identité de la jeune femme de la photo (Greta Zimmer Friedman qui a plusieurs fois témoigné de l’agression ou Edith Shain qui est sortie de son silence 35 ans après le baiser quand elle estimait que « cela ne pourrait plus entacher sa réputation », ce qui montre également son inconfort), le comportement de l’homme, lui, reste une certitude.

Dans le livre The Eye of Eisenstaedt, le photographe écrit : « J’ai remarqué un marin venant dans ma direction. Il attrapait tous les femmes à sa portée et les embrassait, jeunes comme vieilles. Puis j’ai remarqué l’infirmière, debout dans cette immense foule. J’ai fait le point sur elle, et, comme je l’espérais, le marin est arrivé, a attrapé l’infirmière, et s’est penché pour l’embrasser. »

Le marin aurait pu rire avec ces femmes, les enlacer, leur demander s’il pouvait les embrasser de joie. Non, il a fait le choix de les attraper, le poing fermé, pour les embrasser. C’est une agression[1].

Mais grâce au romantisme de la photo, elle n’a jamais été reconnue comme telle. Pire, elle est devenue une allégorie de la fin de la guerre aux États-Unis et s’expose aujourd’hui de manière indécente en format géant.

Alors qu’on estime à près de 14 000 le nombre de femmes violées par des GI’s en France, en Angleterre et en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale,

Alors qu’encore aujourd’hui, plus de 75 000 femmes sont violées chaque année en France, qu’une femme active sur 4 sera victime de harcèlement sexuel dans sa vie professionnelle et que le harcèlement de rue est une plaie du quotidien,

Nous ne pouvons accepter que le Mémorial de Caen érige une agression sexuelle en symbole de paix.

Nous demandons donc le retrait de cette sculpture dans les meilleurs délais et nous nous engageons à ne pas franchir le seuil de la « Cité de la paix » tant que cette dernière en obscurcira l’esplanade.

[1] Selon l’article 222-22 du code pénal, « Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. »

En 2014, des femmes meurent encore sous les coups de leur (ex)compagnon !

Le ministère des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports et le ministère de l’intérieur viennent de rendre publics les chiffres des violences conjugales pour l’année 2013 : 121 femmes sont décédées sous les coups de leur (ex)compagnon, soit 27 de moins que pour l’année 2012. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2011, c’est 122 femmes qui avaient péri, victimes de violences machistes au sein du couple. Peut-on ainsi réellement parler de baisse des féminicides au sein du couple ? Si le signalement des situations de violences au numéro 3919 a augmenté (traduction d’une certaine prise de conscience), si le dispositif de téléphones portables d’urgence déployé dans 10 départements a permis de sauver des femmes, la situation reste dramatique. En effet, il ne faut pas occulter le fait que ces violences restent massives en France.

Près de 200 000 femmes en sont victimes, dans le plus grand silence, et 1 sur 10 parvient à porter plainte. La responsabilité est le plus souvent imputée à la victime, accusée d’ »accepter » la violence, plutôt qu’à l’agresseur, à qui toutes sortes d’excuses sont trouvées pour justifier son comportement. Dans les médias, les violences conjugales sont encore trop souvent traitées sous l’angle « fait divers ». Des crimes perpétrés dans la sphère familiale, le plus souvent à l’encontre des femmes, sont dépeints comme étant le résultat de scènes de jalousie, d’ « amour passionnel » qui conduisent à « l’irréparable ». La réponse pénale est encore bien souvent peu proportionnelle à la gravité des faits, des coupables de féminicide se voient encore confier la garde de leurs enfants immédiatement après le crime. De plus, ces chiffres ne prennent pas en compte les femmes qui, sans être directement tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, sont poussées au suicide, ou subissent les conséquences extrêmement graves sur leur santé de violences physiques, psychologiques ou sexuelles trop souvent restées impunies.

La lutte contre les violences conjugales ne peut se résumer à des mesures expérimentales et des grandes phrases d’intention. Des femmes meurent, quand allons-nous agir ?

Osez le féminisme ! appelle donc le gouvernement et les pouvoirs publics à prévenir, identifier et lutter contre les féminicides, ainsi qu’à intensifier les mesures prises pour lutter contre les violences conjugales, en reconnaissant les spécificités de telles violences :
– Extension de l’ordonnance de protection à toutes les formes de violences machistes
– Places d’hébergement d’urgence et pérennes pour les femmes victimes de violences
– Exclusion des coupables de violences du domicile conjugal
– La formation des professionnels à la prise en compte des situations de violences
– La prévention des violences sexistes et l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge