Notre prochain atelier-débat sur le droit à l’IVG : RDV le jeudi 26 février prochain au Centre Berthelot !

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Notre prochaine réunion plénière aura lieu le jeudi 26 février prochain à 19H au Centre Berthelot (Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, 14 Avenue Berthelot 69007 Lyon Berthelot), sur le thème du droit à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse), en partenariat avec le Planning Familial du Rhône qui co-animera l’atelier-débat et qui sur l’historique de sa création et ses actions quotidiennes.

Le droit à l’avortement est-il un droit acquis aujourd’hui ? Quelle est la situation des centres IVG en France ? Quel paysage européen à l’heure actuelle ?

Nous vous attendons nombreux-ses !

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Rappelons également qu’Osez Le féminisme à lancer une campagne « Bougez pour l’IVG » à l’occasion des 40 ans de la Loi Veil, le 17 janvier dernier. Un site d’information a été créé que nous vous incitons à consulter : ICI !
Vous pouvez d’ailleurs signer la pétition réclamant la liberté d’avorter pour toutes les femmes d’Europe ICI.

Autre mobilisation en cours: celle pour empêcher la fermeture du Planning familial de Toulouse. En effet, le planning familial 31 est menacé de fermer ses portes d’ici la fin du
mois de février s’il n’obtient pas les financements nécessaires. Pour plus d’informations, nous vous laissons lire cet article. Un appel au don a également été lancé. Une vidéo a  été tourné par des artistes qui ont imaginé ce qui se passerait dans la ville si le Planning Familial de la Haute Garonne venait à fermer. Mobilisons-nous !

PS: notre agenda 2015 est à jour, vous pouvez le consulter dans la rubrique agenda du blog et ainsi prendre connaissance des dates de nos prochaines réunions plénières !

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Communiqué de presse des Féministes en mouvements du vendredi 16 janvier 2015

Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, vient de rendre public son plan IVG. Les Féministes en Mouvements se félicitent de voir certaines des revendications portées par les associations féministes depuis de nombreuses années, reprises par Madame Marisol Touraine.

Après la création du site www.ivg.gouv.fr et la promulgation de la loi pour l’égalité réelle femmes-hommes, qui supprime la clause de détresse, de nouvelles mesures progressistes sont prises en faveur de l’avortement :

garantir une meilleure information des femmes, avec la création d’une plateforme téléphonique dédiée,
lutter contre les inégalités territoriales dans l’accès à l’IVG, en poussant les ARS à se doter de plans régionaux adéquats,
rembourser réellement à 100% l’avortement, avec la prise en charge par la sécurité sociale des actes médicaux annexes,
– donner la possibilité aux sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses et autoriser la pratique des IVG instrumentales dans les centres de santé.

Alors qu’une récente étude de l’INED révèle que 33% des femmes ont recours au moins une fois à l’IVG dans leur vie, ces mesures consacrent l’idée que l’avortement fait partie de la vie des femmes, et qu’il convient de cesser de le considérer comme un acte grave, que la femme devrait vivre dans la culpabilité.

Toutefois, les Féministes en Mouvements regrettent de ne voir aucune mesure visant à rouvrir les quelques 130 centres d’IVG qui ont fermé depuis 2004. Dix années de politiques libérales en matière de santé publique ont causé des dégâts, dont les femmes ont fait les frais. Si la pratique des IVG médicamenteuses par les sages-femmes peut être une solution, elle ne doit pas nous faire oublier que les centres d’IVG doivent avoir leur place dans tous les hôpitaux publics. Sans cela, les délais d’attente continueront d’être problématiques : l’IVG médicamenteuse ne se pratique qu’avant 7 semaines. Le choix entre IVG médicamenteuses et chirurgicales doit être possible pour les femmes. Les procédures proposées de prise en charge pour IVG entre 10 et 14 semaines d’aménorrhée ne sauront suffire. Rappelons que 2 000 Françaises partent avorter à l’étranger chaque année faute de place.

Enfin, les Féministes en Mouvements appellent Madame Marisol Touraine à s’engager pour faire de l’avortement un droit humain fondamental. En France, ce n’est pas le cas. Elle doit avoir le courage de toucher aux derniers héritages de la période Veil que sont le délai de réflexion (qui est de 7 jours) et la clause de conscience des médecins. Il est temps d’en finir avec ces archaïsmes et de faire du droit à l’IVG un droit humain fondamental. Sans cela, ce droit pourra être remis en cause lors d’un changement de majorité, comme il a failli l’être en Espagne sous la pression des conservateurs.

De très nombreux pays interdisent totalement ou partiellement le droit à l’IVG, y compris au sein de l’Union Européenne. La France n’est pas seulement la patrie des droits de l’Homme : elle doit aussi être celle des droits des femmes. Elle doit porter haut et fort le projet d’un droit à l’avortement garanti pour toutes en Europe ! Les Féministes en Mouvements ne manqueront pas d’interpeller Madame Touraine à ce sujet lors du grand événement qu’elles organisent pour les 40 ans de la loi sur l’avortement, le samedi 17 janvier, à la mairie du 4ème arrondissement de Paris.

Devoir de mémoire pour préserver le droit à l’IVG : ne lâchons rien & restons vigilants !

Le droit à disposer de son corps est un droit fondamental, qui doit être garanti à toutes. Osez le féminisme ! rappelle que le droit d’avorter reste rare à l’échelle mondiale. Dans une très grande majorité des pays, l’avortement est interdit. Il est alors un luxe réservé à celles qui ont la possibilité de de voyager vers un pays qui l’autorise ou de se rendre dans des cliniques. Celles qui vivent dans la pauvreté n’ont d’autre choix que celui d’avorter de façon clandestine, dans des conditions extrêmement risquées pour leur vie et leur santé.

Osez le féminisme ! appelle à la plus grande vigilance sur le terrain de la défense du droit d’avorter. En effet, dans certains pays où il est autorisé, ce droit recule. Ce n’est que par leur mobilisation massive que les femmes espagnoles ont obtenu le retrait du projet de loi de Gallardon qui allait les ramener à l’ère du franquisme. Dans certains états des États-Unis, ce droit est menacé sous la pression des groupuscules anti-choix qui font pression pour que les crédits financiers accordés aux centres de planification soient supprimés. En Italie, près de 80% des médecins pouvant pratiquer une IVG font valoir la clause de conscience pour refuser de le faire. En France, plus de 130 centres IVG ont été fermés en 10 ans, rallongeant les délais d’attente et compliquant la tâche pour les femmes désirant interrompre leur grossesse.

Osez le féminisme ! n’a de cesse de le dire :le droit d’avorter est la pierre angulaire de l’égalité femmes-hommes. Libérer les femmes du poids d’une grossesse non désirée, c’est leur permettre de s’émanciper, de choisir leur vie.

Osez le féminisme ! se joint donc à la journée de mobilisation internationale pour le droit à l’avortement et demande au gouvernement français de tenir ses engagements et de rouvrir des centres IVG. Nous demandons aussi au gouvernement d’agir au niveau de l’Union Européenne pour que ce droit soit garanti au niveau européen. La France doit être leader au niveau international dans le cadre de la promotion des droits des femmes.

Faisons le point sur le droit à l’avortement dans l’UE …

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Hier le 23 septembre, le gouvernement espagnol annonçait le retrait de la loi Anti-IVG. Et nous apprenions dans le même temps que le ministre espagnol de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon démissionnait. Suite à la mobilisation d’associations féministes et autres sur le plan européen ; regardons d’un peu plus près comment se passe l’IGV dans les pays européens.

Dans l’Union européenne, la législation sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) diffère d’un pays à l’autre. Si dans la plupart des États il est autorisé, l’avortement reste interdit à Malte, ou encore en Irlande, où il n’est permis que dans le cas où la vie de la mère est en danger. En effet, l’UE n’est pas compétente en la matière pour légiférer. Cependant, dans une résolution du 3 juillet 2002, le Parlement européen recommande aux États membres de légaliser l’avortement.

Vous pouvez consulter la carte ICI.

C’est pourquoi « Osez le Féminisme » demande l’inscription du droit des femmes à avorter dans des conditions dignes et sûres, dans la Charte Européenne des Droits Fondamentaux.

Abandon du projet de loi anti-IVG Espagnol : victoire pour les féministes et les femmes de toute l’Europe !

Mariano Rajoy a confirmé aujourd’hui les rumeurs de l’abandon de la loi anti-IVG qui courraient depuis plusieurs jours. Osez le Féminisme ! se réjouit de cette victoire pour les droits et libertés des femmes en Europe et dans le monde, qui constitue une brèche dans la dynamique réactionnaire à l’œuvre en Europe.

Le projet de loi porté par le Ministre de la justice Alberto Ruiz Gallardon constituait une régression historique pour le droit à l’avortement, l’Espagne étant jusqu’à présent un des pays les plus progressistes en matière de droit à l’avortement et un refuge pour avorter pour de nombreuses femmes d’Europe. Ainsi, chaque année, environ 2000 Françaises vont avorter en Espagne.

C’est une grande victoire pour les femmes et le mouvement féministe espagnoles et ses partenaires européen-ne-s qui ont organisé et maintenu une mobilisation massive pendant près d’un an. Osez le Féminisme ! avait ainsi coordonné l’action photo ‪#‎nuncamas‬ et participé aux manifestations de soutien à Paris et Madrid le 1er février 2014.

C’est un véritable camouflet contre les obscurantistes de tous les pays. Cela doit nous conduire à continuer à nous mobiliser contre l’offensive réactionnaire menée en Europe contre l’avortement et l’ensemble des avancées conquises par les féministes. Les menaces planent toujours. Au niveau international, par exemple, la bataille contre le droit à l’avortement menée par l’alliance entre Vatican, Iran et la Russie n’a pas été si vigoureuse depuis des années, comme cela a été le cas à chaque négociation à l’ONU sur les droits des femmes ces dernières années.

Il nous faut donc poursuivre la mobilisation féministe et augmenter les protections des droits des femmes aux niveaux européen et international. La France a un véritable rôle à jouer dans la promotion des droits et libertés des femmes dans les instances européennes et internationales. C’est pourquoi Osez le Féminisme demande l’inscription du droit des femmes à avorter dans des conditions dignes et sûres, dans la Charte Européenne des Droits Fondamentaux.

Excellente nouvelle pour l’Espagne : le projet de loi anti-IVG serait en passe d’être avorté ! !

Le journal El Mundo annonce aujourd’hui que le projet de loi anti-IVG espagnol serait en passe d’être enterré selon des sources gouvernementales. Osez le Féminisme ! se réjouit de ce qui constituerait une victoire pour les droits des femmes en Europe et dans le monde et une sérieuse brèche dans la dynamique réactionnaire partout en Europe.
Le projet de loi porté par le Ministre de la justice Alberto Ruiz Gallardon constitue une régression historique pour le droit à l’avortement. Il se donne également pour mission de mettre fin à ce qu’il considère comme « le monopole moral de la gauche » en Europe. Face aux vives oppositions au sein même du Partido Popular, et conscient du coût politique important de ce projet, le gouvernement chercherait un moyen de l’enterrer.

Si ces informations venaient à se confirmer, ce serait un camouflet pour les réactionnaires, une grande victoire pour les mobilisations massives qui sont organisées depuis un an par le mouvement féministe espagnol et une formidable nouvelle pour les femmes d’Espagne et d’Europe. C’est pourquoi nous espérons une confirmation rapide de cet abandon.

Cette tentative doit nous conduire à continuer à nous mobiliser contre l’offensive de la droite réactionnaire menée en Europe contre l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour eux, les droits des femmes constituent le progrès le plus inacceptable. Il nous faut donc poursuivre la mobilisation et augmenter les protections des droits des femmes au niveau européen. C’est pourquoi Osez le Féminisme demande l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte Européenne des Droits Fondamentaux.

VICTOIRE ! Le conseil constitutionnel a tranché ! OUI, Supprimer la clause de détresse pour l’accès à l’IVG est conforme à la constitution !

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VICTOIRE !! Le conseil constitutionnel a tranché ! Oui ! Supprimer la clause de détresse pour l’accès à l’IVG est conforme à la constitution ! N’en déplaise au 92 parlementaires UMP qui ont saisi le conseil avec un argumentaire très clairement anti-choix !

Communiquer de presse du Conseil Constitutionnel

Européennes 2014 : le Front national est l’ennemi des droits des femmes !

Le Front National  arrive en tête des élections européennes avec plus de 24% des suffrages exprimés. Ce sont donc 25 députés frontistes qui siégeront à Bruxelles. C’est un double enjeu auquel nous sommes confrontées : un cataclysme pour la vie politique française, et des menaces de fortes régressions des droits des femmes en Europe. Osez le Féminisme ! sera au rendez-vous des batailles idéologiques et mobilisations militantes indispensable à la reconstruction des forces progressistes françaises.

Le résultat des européennes ne peut se détacher du contexte national délétère dans lequel nous nous trouvons. L’abstention record et le mauvais score du PS et des partis de gauche (33% au total, le plus bas niveau depuis des décennies) sont pour nous la conséquence des reculs du gouvernement, qui a trahi les aspirations progressistes qui l’avaient porté au pouvoir en 2012. Nous demandons donc aux responsables politiques d’en tirer toutes les leçons au lieu de s’en exonérer en accusant l’Europe ou les citoyen-ne-s de mal comprendre son action. Il est urgent que le gouvernement se recentre sans tarder sur les projets d’égalité, de liberté et de solidarité qui constituent l’ADN du camp progressiste et la boussole de toute politique concrète et efficace. Il doit prouver aux Français-e-s qu’une autre politique et une autre France sont possibles.

Rappelons par ailleurs que le FN défend, parmi d’autres idées et dispositifs néfastes, une conception obscurantiste – c’est-à-dire patriarcale – du couple et du « rôle » des femmes. Ainsi, Jean-Marie Le Pen assène qu’ »il faut convaincre les femmes de notre peuple de l’absolue nécessité d’assumer leur fonction de reproduction » et Marine Le Pen se dit favorable à un salaire familial pour les femmes au foyer et opposée au remboursement de ce qu’elle appelle « IVG de confort ».

Au niveau européen, le vote systématique des 3 eurodéputé-e-s frontistes de la mandature 2009-2014 contre les textes en faveur de la construction de l’égalité femmes-hommes (notamment le rapport Estrela sur la santé et les droits sexuels et génésiques en décembre 2013 et le rapport Zuber sur l’égalité femmes-hommes en mars 2014) n’augure rien de bon pour les droits des femmes. Ils seront à présent 24 à rejeter les avancées en matière d’égalité F-H et  à dérouler le tapis rouge au système politique le plus oppressif, raciste et absurde qui soit : le patriarcat. Dans un contexte général de recul, l’Europe, pourtant, pourrait et devraient impérativement devenir un instrument majeur d’harmonisation vers le haut des droits des femmes et de protection de ceux acquis.

 Osez le féminisme ! s’engage  à se battre, aux côtés des des forces politiques et sociales qui veulent également promouvoir l’égalité, pour convaincre les citoyen-ne-s que la liberté des femmes et l’éradication du système patriarcal fondent un projet politique concret et urgent pour tou-te-s. Rejetons systématiquement et sans relâche les idées et actions obscurantistes véhiculées par le FN en matière de politiques économiques et sociales, de droits des femmes, de droits humains, de démocratie et d’Europe.

Offensive des pays conservateurs sur les droits des femmes en Europe et dans le monde

C’est à une épreuve de force peu visible mais intense que se livrent progressistes et conservateurs autour des « droits sexuels et reproductifs » des femmes (et notamment du droit à l’avortement), ainsi que les qualifient les conventions et textes internationaux. Alors que doit se réunir pour deux semaines, à partir du lundi 10 mars, au siège des Nations unies, à New York, la Commission du statut des femmes, chargée notamment d’évaluer progrès et défis au niveau de l’égalité entre femmes et hommes, l’inquiétude est réelle dans le camp des pays les plus progressistes.

« On assiste à une coalition objective des conservateurs de toutes obédiences et ces pays s’opposent à tout progrès en matière de droits des femmes, estime Najat Vallaud-Belkacem, la ministre française des droits des femmes, attendue à New York lundi. Il ne s’agit pas seulement de positions religieuses, mais d’une intolérance à ce que le droit international fixe des règles. »

De fait, plusieurs textes internationaux sont en cours de révision. Les Nations unies préparent ainsi pour 2015 une conférence « Pékin + 20 », destinée à réactualiser les objectifs fixés par la conférence de Pékin en 1995, parmi lesquels l’élimination de toute forme de discrimination, la garantie des droits à la santé et à l’éducation ou encore de ceux liés à la procréation. Dès septembre, doit avoir lieu, à New York, une réunion « Le Caire + 20 », censée réviser des objectifs liés au développement humain et aux dynamiques de population, intégrant en particulier les droits reproductifs et l’égalité entre femmes et hommes. La 3e conférence internationale sur la population et le développement s’était tenue dans la capitale égyptienne en 1994.

TENSIONS LIÉES AUX DROITS SEXUELS

« Il s’agit, plus globalement, de redéfinir les Objectifs du millénaire pour le développement, dont la date butoir est 2015, à travers les nouveaux Objectifs du développement durable pour la période 2015-2030 », explique Nicolas Rainaud, chargé de plaidoyer à Équilibres & Populations, organisation non gouvernementale travaillant à l’amélioration des conditions de vie et du statut des femmes. Dans les enceintes onusiennes, le thème qui crée le plus de tensions diplomatiques est toujours celui lié aux droits sexuels et à la santé reproductive. Certains pays ne veulent pas entendre parler de “droits”. »

Alors que, sur ces questions, des progrès avaient été enregistrés ces dernières années, la tendance semble aujourd’hui à la stagnation, voire à la régression. Il n’est même pas certain qu’un nouveau texte sera soumis à la conférence « Le Caire + 20 ». Il pourrait n’y avoir qu’un simple état des lieux, région par région, sans nouveaux objectifs.

RÉTICENCES EN EUROPE

En Europe, la Pologne et Malte sont les plus réticents. La Russie et la Hongrie freinent également, ce qui était aussi le cas de l’Irlande jusqu’à récemment. Le Vatican, selon les spécialistes du dossier, est à la manœuvre. Une offensive religieuse relayée par les pays musulmans les plus intégristes, dans le Golfe comme en Afrique.

Une femme enceinte repoussée par des hommes déguisés en archevêque et en ministre espagnol de la justice, à Bilbao, le 7 mars, lors d'une manifestation contre le projet de loi sur les restrictions sur l'avortement.

Cette bataille sur les textes se traduit dans les faits, à des degrés divers. En Espagne, le gouvernement tente de revenir sur le droit à l’avortement. En France, les oppositions au mariage pour tous se sont fortement exprimées dans la rue. En Ouganda, une loi anti-homosexualité particulièrement dure a entraîné une réaction de la communauté internationale ainsi que le report d’un prêt de la Banque mondiale.

Voir notre infographie : L’état des législations sur l’avortement dans le monde

RÉPONSE À UNE ORIENTATION TROP « LIBÉRALE »

Pour Xavier Lacroix, doyen de la faculté de théologie de Lyon et représentant de l’Église catholique au sein du Conseil consultatif national d’éthique, il ne s’agit pas d’une offensive réactionnaire, mais d’une réponse à une orientation jugée trop « libérale » au niveau international. « Plutôt qu’un retour en arrière, il y a plutôt une fuite en avant et donc la nécessité, pour l’Église, de freiner le mouvement, explique-t-il. La liberté de choix individuel est le maître mot aux Nations unies. Or, pour l’Église, ce n’est pas le critère absolu. Il y a aussi le respect du bien commun, de la cellule familiale de base : père, mère et enfant. »

Devant cette contre-offensive, nombre de pays restent prudents quant à la nécessité de rouvrir certains débats. Le risque d’un recul n’est pas à écarter, disent-ils. « A partir du moment où l’agenda post-2015 est sur la table, on va devoir se battre, estime Pascal Canfin, le ministre français délégué au développement. On est dans une logique offensive, tout en ayant conscience qu’il existe un risque de régression. » « Les pays les plus conservateurs parlent le plus fort, ajoute Mme Vallaud-Belkacem. Il faut que les pays progressistes se mobilisent, se fassent entendre. »

Pour gagner la bataille, « il faut, montrer que l’accès des femmes aux différents services, santé, travail… est une question de droit, mais aussi d’efficacité », fait valoir M. Canfin, qui défend une approche pragmatique, susceptible d’entraîner des pays comptant parmi les plus réfractaires aux problématiques de droits sexuels des femmes. « Le développement ne peut exister si les femmes en restent à l’écart », ajoute-t-il.

Article rédigé par Rémi Barroux – Journaliste au quotidien « Le Monde ».

Le droit des femmes à avorter doit être reconnu par l’ONU !

Aujourd’hui s’ouvre à New York la 58ème session de la « Commission de la condition de la femme » (CSW), qui se tiendra au siège des Nations Unies jusqu’au 21 mars. Le thème de la CSW 58 est la mise en œuvre des objectifs du Millénaire pour le développement, pour les femmes et les filles (accès à l’éducation, accès à l’emploi et égalité professionnelle, parmi les problématiques qui seront abordées).Trois militantes d’Osez le féminisme ! y seront présentes la première semaine, en particulier pour relayer et appuyer les positions pour le droit à l’avortement.

Alors que nous observons de par le monde et en Europe, notamment, une attaque en règle du droit des femmes à avorter, comme c’est le cas par exemple en Espagne, il est plus que jamais nécessaire et vital pour la vie de millions de femmes de réaffirmer que l’accès à l’avortement est une condition sine qua non pour atteindre l’égalité femmes-hommes.

Osez le féminisme ! espère que la CSW ne cèdera pas sous la pression des anti-choix, parmi lesquels le Vatican, à la manœuvre depuis de nombreuses années pour contrecarrer toute tentative de reconnaître ce droit fondamental à l’ONU. Et au-delà d’un statu quo quant à l’avortement, Osez le féminisme ! rappelle qu’il est grand temps que l’avortement soit reconnu comme faisant pleinement partie des droits sexuels et reproductifs, et qu’il soit légalisé partout.